Christophe Agou

Né en 1969 à Montbrison (Loire), il s’installe à New York en 1992.

Photographe autodidacte, il entame en 1998 une série sur les passagers du métro de New York : Life Below (Quantuck Lane Press / W. W. Norton & Co, 2004).

A partir de 2002, il explore sa région natale du Forez ; Face au silence (Actes Sud, 2010) obtient le 17e Prix de l’édition européenne de photographie.

Ses travaux sont publiés et exposés à travers le monde, entre autres au MoMA (New York), au Musée des Beaux-Arts de Houston, au Jeu de Paume (Paris), à la Fondation Miro (Palma de Majorque), aux Rencontres d’Arles, au Musée d’histoire américaine (Washington), au festival Noorderlicht (La Haye) et lors de festivals de photographie en Chine.

Finaliste du prix W. Eugene Smith (2006) et du prix de photographie de l’Académie des beaux-arts de Paris (2008), il obtient une « mention spéciale » en 2009 au prix Kodak de la Critique photographique.

Christophe Agou est décédé à New York en 2015 ; ses cendres ont été dispersées sur un glacier en Islande.

Regards sur l’oeuvre de Christophe Agou :

» Christophe Agou pratique depuis le début des années 1990 une photographie documentaire sensible et poétique : une exploration empirique et intuitive d’univers, de situations, d’êtres, qu’il appréhende par imprégnations progressives et dont il ne rend compte qu’au moment où il se sent entré en résonance intime avec eux.

Adepte de la sentence rimbaldienne “Je est un autre”, Agou semble habité par la seule mais entêtante quête des formes multiples et mouvantes de l’altérité. Passant avec une égale aisance du noir et blanc à la couleur, du paysage au portrait, du reportage au document, il ne privilégie aucun style, veillant à renouveler sans cesse les formes et les conditions de sa propre vision. »

Benoît Rivero

» La pépite dans le travail de Chr. Agou, c’est sa manière très picturale d’aborder la photographie. Ses panoramas sont traités avec l’ampleur d’un paysagiste romantique. Dans ses portraits, l’humanité des modèles émerge des visages, fixant durablement notre attention. Les scènes de genre atteignent une truculence rieuse, mais il excelle aussi dans le rendu d’une nature morte et du temps suspendu. La composition est là, fortement marquée, pour asseoir l’image, toujours dans l’équilibre précaire de l’instant à saisir. Il faut encore s’attarder sur les tona­lités affirmées et la gamme chromatique prodigieuse de chaque photographie, mentionner la dextérité des jeux d’ombre et de lumière, qui viennent poser l’ambiance et qui permettent à chacun d’imaginer son histoire. »

Nathalie Roux, MARQ

« Regardant ces photos, Christophe, je reviens encore et encore à leur lumière, leur lumière embrouillée. Elles m’éblouissent. Être ébloui, souvent c’est être aveuglé – mais ici, pour moi, c’est voir et percevoir avec une clarté maximale. Et ce que je perçois est lumière. Non la lumière comme antithèse de l’ombre, mais la lumière comme source de la création. La lumière, comme condition préalable de tout ce qui suivra. La lumière indissociable de l’étendue et la somme de tout ce qui existe.

Au premier chapitre de la Genèse, la lumière est la première chose créée. Et dans ces photos que tu crées, c’est comme si cette lumière primordiale venait re­connaître, toucher, saluer ce que toi-même, en photo­graphe, tu rencontres aujourd’hui et nous transmets.

Et ceci nous amène à cette notion étrange (une simple intuition) : que cette lumière primordiale, qui perdure depuis l’origine du « temps », est chose instantanée. Que l’univers fut créé, est créé, en un éclair de flash. »

John Berger (Les faits secondaires)

» La photographie est pour moi une interrogation, un échange et un langage. Elle rend visibles des états d’âme profonds, parfois inconscients ou même symboliques. Quand je photographie des personnes ou des lieux inconnus, j’ai souvent le sentiment qu’ils me sont étrangement familiers. A mes yeux tout est en voie de disparition, ce qui explique sans doute une des raisons pour lesquelles je photographie. »

Christophe Agou

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